Historique

[Note de Ashura : je me permets d'écrire ceci à la première personne du singulier, parce que cette histoire n'a pendant longtemps concerné que moi et mon esprit dérangé]

Avril 1999 (Cartoonist Toulon) : J'entends parler du projet France Five, dont le tournage a commencé ("ils jouent très mal", me confie un des membres de l'équipe dont je taierai le nom). Ainsi, il y a des gens pour faire un vrai sentai ? Bien, je ferai un vrai shôjo... enfin, c'est ce que je décide dans les jours suivants, je propose même à mes amis les Beetlerangers de monter ça, une idée de scénario vague surnage un moment, mais on laisse tomber, car eux ne se sentent pas de jouer dedans, malgré le fait que mon expérience de théâtre peut les aider... Bah, tant pis. j'ai d'autres chats à fouetter (études et autres) et je range la chose dans un coin de mon cerveau.

Avril 2000 (Cartoonist Toulon): voir France Five (au délateur anonyme : tu avais raison, ils jouent très mal) fait revenir ma vague idée au premier plan... De retour dans ma chambre de résidence U, je ponds même un début de scénario, mais je perds vite l'inspiration. Et puis, toute seule, je n'y arriverai jamais...

Octobre 2000 : études finies, fin de période d'essai... je profite d'un jour où je me sens d'humeur à écrire des débilités pour créer l'ébauche d'une page web visant à présenter mon idée. Je baptise la chose shojoproject, je crée une mailing list sur egroups, et je lance des annonces sur quelques mailing lists et forums. J'arrive assez facilement à recruter des techniciens, mais les acteurs ne se montrent pas vraiment...

Novembre 2000 (Cartoonist Brest) : Je découvre les films des Guardians à la faveur de X Files the VR Project. Pour moi, c'est une révélation : il y a dans les milieux japanime des gens qui pensent à faire des films avec un vrai scénario et des vrais acteurs ! Je discute avec Sinji sur le stand des Super héros, pour lui son film est réussi si il peut le montrer à des non-fans. J'applaudis des deux mains, lui parle un peu de mon projet : je veux faire la même chose, même si c'est dur.

Décembre 2000 (Salon ISC de l'Imaginaire, Japan Expo 2) : A la recherche d'acteurs, je dépose quelques tracts sur des stands... mon seul contact durable gagné grâce à ça, n'est cependant pas des moindres : Plume, rédactrice d'Itaïï; est enthousiasmée par l'idée de jouer une blonde cruche, rôle qu'elle assume souvent dans ses cosplays. Le plus dur, ce sera de lui faire perdre son sourire de perverse...

1er semestre 2001 : Peu de gens nous rejoignent pendant cette période. Et puis, je n'arrive pas à avancer le scénario... en fait, sortie du boulot j'ai envie de rien foutre. Ce sont des amis, ou des amis d'amis, qui se joignent à moi.

Juillet - Août 2001 : Je me magne enfin les fesses... J'ai posé mes congés pour la deuxième quizaine d'août, Plume est OK mais part pendant plusieurs semaines juste avant sans moyen de communication avec l'extérieur... tant pis, on croise les doigts. Le scénario avance enfin, la trame générale est fixée, puis je développe les dialogues. Dans le même temps, Tama se démène pour me trouver des acteurs, parce que si le tournage se fait elle pourra enfin quitter la Corse et sa famille qu'elle exècre. On passe des heures au téléphone à en papoter, on a vraiment envie que ça se fasse, tant pis si c'est à l'arrache... le week-end précédant mes congés, je pars en repérages, et je fais des photos des lieux sublimes où nous avons l'intention de tourner (des villages perchés de la Drôme, décor fabuleux). Mais deux jours plus tard, je suis obligée de jeter l'éponge : un des acteurs pressentis ne peut finalement pas prendre de vacances, le tournage est donc annulé.

Août 2001 (vacances) : Pour me remettre un peu de l'annulation du tournage, je déconne pendant une semaine avec Tama (que j'ai dans ma grande miséricorde invitée chez moi pour qu'elle échappe à sa famille)... Suite à une idée de son pote Gugu, on filme un dimanche après-midi dans les parcs de Courbevoie un délire infâme, Love Compo 'le premier shôjo travelo'. Scénar écrit la nuit d'avant, c'est une parodie grasse avec des références à la noix, des dialogues à deux centimes...

Novembre 2001 : Après Cartoonist Paris, je lance sans trop y croire un appel sur le forum des films amateurs : cherche grand brun ténébreux... Ca marche tellement bien que je n'ose pas y croire : le gars qui me répond a non seulement de la motivation à revendre, mais aussi de vraies compétences en matière d'audiovisuel... Mon rêve va-t-il enfin devenir réalité, avec un oeil de pro aiguisé pour me conseiller ? La machine est en route pour de bon, j'ai l'impression...